Chapitre 6 - Deuxième Partie

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Léa : 2024 – 2030 (suite)
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Sur la route.

Léa rentre en France et retrouve son grand-père en Lozère. Nous sommes au début des années 2030.
La situation dans le pays est à demi-chaotique, comme partout en Europe.
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Le territoire est partagé entre les zones urbaines et rurales. Les villes moyennes se sont vidées peu à peu de leurs habitants : une partie a émigré vers la campagne, l'autre partie a rejoint les grands pôles urbains, où s'est concentrée l'activité économique et industrielle.
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Ces citées tentaculaires sont reliées entre elles par les grands axes de communication (autoroutes et voies de TGV), où circulent les convois de marchandises sous la garde de l'armée.
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L'ensemble de ces mégapoles urbaines est sous l'autorité du gouvernement et des militaires, qui contrôlent également les secteurs indispensables à la survie de leur population :
l'énergie, avec les sites des centrales nucléaires, et l'approvisionnement en nourriture, avec le secteur de l'agriculture industrielle, concentrée sur quelques régions et protégée militairement contre les pillards.
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C'est là que vit la population « civilisée », disposant des moyens modernes d'existence.
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Autour des zones urbaines, s'étend le reste du territoire : le vaste espace des campagnes, où sont apparues les zones libres. C'est là que vivent les « incivilisés », sous leur propre autorité.
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La situation est identique dans les autres pays d'Europe ainsi que dans le reste du monde. La nouvelle carte des populations se dessine en suivant les frontières entre les parties civilisées et incivilisées du territoire.
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Le krach pétrolier et la crise économique ont donné lieu à des phénomènes de migration internationaux. Les zones libres se sont développées dans un mouvement affinitaire : des « incivilisés » de toute origine et de toute culture se sont regroupés au sein de ces communautés.
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Le langage des incivilisés.
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Léa passe quelques mois en Lozère, auprès de son grand-père. Celui-ci ne veut pas qu'elle reste à veiller sur lui, alors qu'elle est encore jeune et a sûrement mieux à faire ailleurs. Léa résiste mais finit par accepter de se laisser gentiment mettre à la porte par son grand-père.
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Elle part un peu au hasard des routes, parcourant une France en plein bouleversement.
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Deux mondes différents vivent à la même époque, séparés par une frontière technologique et philosophique, de plus en plus marquée.
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Léa observe ainsi ce spectacle anachronique du haut d'une colline : au loin, des TGV filent sur leur voie surveillée par des patrouilles militaires, tandis qu'à quelques kilomètres de là un convoi de chars à boeufs transporte sa cargaison de paille vers les greniers d'une communauté villageoise.
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Deux manières de vivre radicalement différentes et de plus en plus opposées. Un partage du territoire qui ne restera pas éternel...
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La population des zones libres offre un curieux mélange de cosmopolitisme et de régionalisme, suite aux différentes vagues d'émigrants qu'elle a accueillies.
La France des campagnes parle la langue de Molière avec des accents du monde entier. Une langue enrichie de toutes les cultures, qui fleurit joyeusement sur les lèvres.
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C'est la langue des « incivilisés », un patois sans frontière, riche en vocabulaire, qui unit fraternellement tous ceux qui le parlent.
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La forêt d’Yffendic.

Léa poursuit sa route. Les communautés agricoles ont poussé dans les campagnes comme des fleurs sauvages. Des communautés pratiquant une agriculture traditionnelle cohabitent avec des "tribus" éco-anarchistes, au mode de vie semi-nomade.
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Aux détours des chemins, Léa retrouve certains de ses anciens compagnons d’arme, des années de « l’action directe », qui se sont regroupés en France au gré des affinités et du climat.
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Léa décide de poser son sac pour quelque temps en Bretagne, dans une de ces com-munautés, où elle a eu la joie de retrouver certains de ses meilleurs amis, des « verts et noirs » purs et durs.

La communauté est installée en lisière de forêt, sur un vaste territoire dont elle n'utilise qu'une infime partie. Ses ressources principales sont l'agriculture et l'élevage, pratiqués selon les principes de la permaculture, du pastoralisme ou des « cultures associées ».
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L’arrivée de Léa, et le récit de son expérience de vie sauvage dans la forêt amazonienne, suscitent l'enthousiasme et encouragent la communauté à développer les activités de chasse et de cueillette.
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Dans les années qui suivent, la communauté s’implante plus profondément dans la forêt.
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Celle-ci fait partie d’un massif forestier qui traverse une bonne partie de la région. Le gibier, protégé autrefois pour la chasse, est abondant. Cerfs, chevreuils, sangliers, lièvres, perdrix, pintades sauvages, ne manquent pas.
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Au cours de ces dix années, la forêt a entrepris de reconstituer également son sous-bois : les baies et fleurs sauvages commencent à revenir en abondance.
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Complété par la pêche en rivière (truites, brochets, écrevisses...) et les ressources de la permaculture, cela permet de se nourrir quotidiennement de façon variée et raffinée.
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La chasse et la cueillette n'en demandent pas moins un apprentissage de longue haleine... Les premiers temps sont difficiles. Les chasseurs rentrent souvent bredouilles et les cueilleurs manquent régulièrement de s'empoisonner...
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Léa et ses compagnons ne mangent pas à leur faim tous les jours. La forêt est un lieu à la « personnalité » particulière. Elle a ses mystères et son caractère. Elle ne livre ses secrets qu'à ceux qu'elle choisit d'accepter parmi elle.
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La persévérance des chasseurs-cueilleurs finit par être récompensée. Au fil des mois et des saisons, la forêt leur ouvre ses sentiers et leur dévoile ses richesses.
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Léa et les siens ont conquis le « coeur » de la forêt. Ils ont le sentiment d'appartenir désormais à ce lieu, à l'égal de tous les êtres qui y vivent.
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Une nouvelle forme de vie sauvage.
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Les éco-anarchistes apportent leur touche personnelle à cette expérience de la vie sauvage.
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Leur but n'est pas de ressusciter le mode de vie de nos ancêtres ou de se livrer à une imitation de certaines traditions culturelles. Cela n'aurait rien de déshonorant, bien évidemment, mais ce serait inapproprié et dépourvu de sens.
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Il s'agit d'inventer une nouvelle façon de vivre libre, qui utilise aussi bien des savoirs-faire ancestraux que certaines des connaissances technologiques acquises au cours de notre histoire plus récente.
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L'alternative à la civilisation n'est pas un « retour au passé ». Un monde neuf peut naître des ruines de l'ancien.
Un monde qui fera appel à l'ensemble des savoirs humains, passés et présents, pour permettre à l'humanité d'aller « au-delà de la civilisation ».
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C'est ce chemin qu'ont pris les éco-anarchistes, en adoptant un mode de vie qui repose sur ces principes fondamentaux : partage du savoir, société à taille humaine, technologie douce, respect de la vie.
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De lourdes menaces pèsent cependant sur l’avenir du Peuple Sauvage...

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Contexte historique : 2030 - 2040

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Etat d'urgence.
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Le krach pétrolier de 2021 a déclenché une crise économique mondiale. Au cours de la décennie qui suit, la production de pétrole continue à décroître de manière irréversible.
Le cours de l'or noir poursuit sa hausse, de façon rapide et chaotique dans un premier temps, puis plus calme et « fataliste » par la suite, mais toujours vers le haut...
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Le pétrole devient une denrée de luxe. Des stocks de carburant sont réservés aux services de secours, ainsi qu'à l’armée et la police, pour assurer la « sécurité » et le maintien de l’ordre sur la partie « civilisée » du territoire.
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La fin des années 2020 est la période la plus critique : les restrictions en carburant se traduisent par des rationnements progressifs dans tous les domaines, en particulier dans les transports et l'agriculture...
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Les gouvernements ne sont pas restés sans réagir. L'ONU décrète un état d’urgence planétaire face à la gravité de la situation. La solidarité est requise entre tous les pays dans cette période de transition vers de nouvelles sources d'énergie.
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Le slogan le plus célèbre de la période reste le fameux : « Sauvons l’Homme ! » diffusé par tous les médias et traduit dans toutes les langues.
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Une politique d’entraide mondiale est mise en place pour lutter contre la pénurie alimentaire. L'armée est chargée de répartir les vivres, tout en réprimant brutalement les émeutes et les débordements contestataires.
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De mois en mois, la crise alimentaire s'étend dans le monde entier. La situation est chaotique à de nombreux endroits. De plus en plus de régions sont touchées chaque jour par la famine.
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Civilisation et barbarie.
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Cette période s'inscrit parmi les pages les plus sombres de l'histoire de la civilisation. A l’échelle de la planète, la pénurie alimentaire et les maladies font un nombre considérable de victimes.
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Cette tragédie n'est pas la première que connaît la civilisation. D'autres l'ont précédée à intervalles réguliers, tout au long des siècles précédents.
La civilisation n'apporte pas avec elle la paix et la prospérité. Elle apporte la guerre et la misère.
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La civilisation porte mal son nom. Depuis des millénaires, elle a pour seul principe l'exploitation de l'être humain et de la nature. Elle est l'expression de notre déshumanisation, de notre dénaturation.
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Le véritable nom de la civilisation est barbarie.
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Une nouvelle ère.
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La situation s'améliore progressivement dans le courant des années 2030-2040, avec la mise au point de nouveaux carburants et de nouvelles technologies.
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L'usage de carburants de remplacement s'est fait au fur et à mesure, de façon dispersée au départ : agrocarburant, batteries électriques, éthanol, butane/propane, essence de synthèse, carburant bactériologique (obtenu par fermentation accélérée de certains micro-organismes), etc...
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Le salut est venu finalement de l’hydrogène à très haute pression. Son stockage dans les véhicules est devenu possible grâce à des réservoirs en alliage de nano-carbone, une matière 10 fois plus résistante que le métal.
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Le transport routier, aérien et maritime va pouvoir reprendre. L'industrie automobile lance la construction de ses nouveaux modèles. Une nouvelle génération d'avions va pouvoir fendre les airs et la couche d’ozone.
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Le remplacement des produits dérivés du pétrole a été accompli lui aussi, à un rythme de plus en plus rapide.
La science a été à la hauteur du "défi". Il a fallu mettre au point de nouveaux matériaux, de nouvelles matières synthétiques pour tous les usages. Les ingénieurs ont accompli des miracles, grâces aux biotechnologies ou aux OAM...
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En 2040, une ère nouvelle s'annonce pour la civilisation. Le remplacement du pétrole a été assuré par les découvertes scientifiques. Le krach économique a été surmonté.
Les gouvernements ont réussi à préserver la loi et l’ordre sur leur partie du territoire, concentré autour des zones urbaines. Les nouvelles technologies donnent un nouveau pouvoir aux Etats et au consortium industriel.
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La civilisation sera bientôt prête à repartir au combat.
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L’enfer climatisé.

En 2040, la vie quotidienne des civilisés n'est pas réjouissante pour autant. Les conditions de vie dans les métropoles urbaines sont peu enviables.
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Les classes sociales sont réparties de manière plus inégale que jamais. Seule une infime minorité profite des derniers bienfaits de la science. La majorité mène une existence misérable.

Aux périodes de pénurie et de rationnement des années précédentes a succédé un approvisionnement en nourriture régulier mais au goût peu varié et d’un aspect peu appétissant...
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L’alimentation est constituée en grande partie de ce nouvel aliment « miracle » : le soyl. Cette plante issue de la biotechnologie est capable de pousser partout, même sur du béton. Surtout sur du béton.
Le soyl est cultivé dans de gigantesques fermes hydroponiques, aux allures de blockhaus, en périphérie des villes.

La vie au sein des villes est à l’image de la nourriture : étouffante, sans saveur et pathogène...
La pollution due au pétrole a disparu mais elle n’a pas laissé la place vide : de nouvelles sources de mortalité. apparaissent tous les jours .grâce aux inven-tions .conçues .pour « sauver l’homme ». Nanomatériaux, implants biométriques, pollution transgénique, camisole chimique...

Les centaines de réacteurs nucléaires supplémentaires, installés à la va-vite par tous les gouvernements, fournissent quotidiennement leur lot d’accidents et de rejets radioactifs, dont les journaux télévisés font écho sur un ton rassurant.
Les déchets continuent à s’accumuler dans leurs silos, en attendant les nouveaux réacteurs à fusion, en cours de tests, avec leurs formes inédites de dégâts collatéraux...

Les conditions climatiques font de la vie dans les villes un enfer permanent : chaleurs caniculaires meurtrières, épidémies parasitaires fulgurantes, contamination de l'eau par des algues toxiques...
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Survivre dans la jungle urbaine demande de plus en plus d'endurance.
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Tout bien considéré, la civilisation est sortie renforcée du krach pétrolier. Les événements lui ont permis d'affirmer son véritable caractère. Elle dévoile son véritable visage, hideux, inhumain. Celui d'un fléau destructeur pour la vie.
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Reconquête du territoire.
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Durant cette décennie, les gouvernements ont fusionné progressivement au niveau international, sous la forme d'un cartel militaro-industriel peu attaché aux pratiques démocratiques.
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Ils doivent pourtant faire face à une situation nouvelle : la sortie du krach pétrolier réveille peu à peu les revendications des citoyens.
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Le souvenir des rationnements et de la pénurie commence à s’effacer dans les mémoires. Les partis politiques contestataires retrouvent de la voix. Ils réclament le partage équitable des fruits du progrès technologique et de la nouvelle prospérité économique.
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L'heure est également à la reprise de la croissance démographique. L’afflux de nouvelles naissances donne du sang neuf à la civilisation, mais cela fait aussi de nouvelles bouches à nourrir. Il faut produire chaque jour davantage de soyl, en quantité industrielle.
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Les gouvernements se réunissent en conférence pour débattre du problème. Ils voient l’occasion de faire d’une pierre deux coups : désigner un nouvel ennemi afin de détourner le mécontement populaire, et reconquérir l’ensemble du territoire pour y implanter de nouvelles usines à soyl.
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Ce qu’il faut à la civilisation, c’est une nouvelle guerre. L’ennemi est tout désigné : ce seront les « zones libres » et leurs habitants.
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En 2040, les gouvernements du monde entier repartent à la conquête de leur ancien territoire. Ils déclarent la guerre aux « sauvages », à tous les incivilisés des campagnes, des forêts et des montagnes.

La civilisation a un avantage technologique évident. La guerre s’annonce brève et sans surprise. Les jours des « insoumis » sont comptés.
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Chapitre 7

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Léa : 2030 – 2040
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Tribus soeurs.
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Nous avions quitté Léa en Bretagne, où elle a fait la connaissance d'une « tribu » d'éco-anarchistes. A la fois agriculteurs et chasseurs-cueilleurs, ils tissent des liens de plus en plus forts avec la forêt.

Ce mode de vie leur a permis, comme à la plupart des habitants des campagnes, de survivre à la pénurie alimentaire qui a sévi dans le monde entier.

Pendant que la civilisation panse ses plaies, Léa et les siens enrichissent chaque jour leur pratique de la vie sauvage : un mode de vie réunissant les savoirs-faire ancestraux et certaines des nouvelles connaissances technologiques acquises au cours de notre histoire.

C'est une toute autre façon d'envisager l'existence. La « vie sauvage » permet à l'être humain de retrouver sa liberté, en même temps que des liens sociaux authentiques.
C'est dans ce lien vital à la nature, que nous trouvons notre humanité.

Cette nouvelle forme de vie sauvage n'est pas un phénomène isolé. Le mouvement s'étend un peu partout en Europe et dans le monde.

De nouveaux adeptes, s’échappant des villes, viennent grossir les rangs du Peuple Sauvage. Les tribus s’agrandissent et se multiplient de manière naturelle, en petits groupes de .quelques .dizaines de personnes,. se réunissant .régulièrement .avec les.. « tribus sœurs ».

Léa mène une vie épanouie au sein de sa tribu. Elle est également devenue maman entre-temps : sa fille est née dans la forêt d'Yffendic il y a quelques années déjà.

Talking drum.

En 2040, a lieu le premier grand « talking drum » européen : une rencontre entre délégations des tribus éco-anarchistes et des mouvements frères.
Léa fait partie des centaines de délégués qui se rendent à cet énorme pow-wow, organisé dans la Forêt de Bohême, au centre de l’Europe.

L’ambiance est joyeuse et colorée mais les visages se font graves lors des discussions : il ne fait plus de doute que la civilisation voudra, tôt ou tard, reprendre le contrôle des forêts et de tout ce qui lui « appartient » : autrement dit, l’ensemble de la planète.

Car tout revient de droit à la civilisation, qui a reçu pour mission de civiliser toute forme de vie sur terre.

Les tribus éco-anarchistes savent qu’il est impossible de vivre en paix avec la civilisation. La guerre est inévitable et son issue ne fait guère de doute...
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A son retour dans sa forêt bretonne, Léa découvre que les hostilités sont déjà déclarées aux abords des zones libres : l’armée a installé des postes de contrôle aux abords des routes et le gouvernement envoie ses émissaires à travers la campagne, appelant les populations à revenir dans le giron de la république, de la démocratie et de la civilisation.

Les premiers incidents ne tardent pas à éclater. Les « incivilisés » adressent une fin de non recevoir aux « représentants de la loi » et les mettent poliment à la porte.

L'armée se déploie en force aux frontières des zones libres. On se prépare de chaque côté à l'affrontement.
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Contexte historique : 2040 - 20??

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Premiers combats.

Les gouvernements annoncent que l'heure est venue de « mettre fin au désordre et au refus de l'autorité » qui sévissent dans les zones libres.
L'armée passe à l'offensive et les colonnes de soldats se déploient à travers les campagnes.
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L'opération rencontre plus de résistance que prévu. Les soldats sont accueillis par des jets de pierre ou des coups de fusil. L'hostilité est généralisée et de plus en plus déterminée face à « l'occupant ».
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Les soldats reçoivent en renfort du matériel lourd : engins blindés et hélicoptères de combat.
L'armée poursuit sa progression à travers les zones libres, écrasant toute ré-sistance.
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Les éco-anarchistes passent à l'action. Invisibles et silencieux, ils se glissent au coeur des lignes ennemies.
Déjouant la surveillance des sentinelles, ils détruisent les dépôts de carburant, sabotent les lignes électriques, rendent les routes impraticables, désorganisent les communications... Les artistes de la clef-à-molette et de la pince-monseigneur sont de retour !
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Les transports de troupes tombent en panne sèche, les trains de ravitaillement déraillent ou se perdent en route, les hélicoptères de combat sont cloués au sol. La belle mécanique militaire s'enraye.
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L'armée perd une partie de son avantage technologique. Le combat est désormais plus égal. Les soldats ont l'avantage de l'armement, mais leurs adversaires ont l'avantage du terrain.
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Les incivilisés reprennent du poil de la bête et font des incursions jusque dans les villes. Au nez et à la barbe des gouvernements, ils piratent les moyens d'information (radio, web, satellites) et diffusent des appels à la population, pour l'inviter à se joindre à eux.
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Ces appels ne restent pas sans effet. Les conditions de vie dans les villes provoquent un mécontentement latent dans la population. Depuis la fin du krach pétrolier et le début de la « nouvelle ère », le pouvoir en place asservit encore plus durement la population. La révolte couve parmi les citadins.
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Les gouvernements pensaient détourner ce mécontentement en attaquant les zones libres. Mais l’effet obtenu est inverse : une partie de la population se prend de sympathie pour les « incivilisés », ces Robins des Bois du nouveau millénaire, qui vivent libres au coeur de la nature sauvage.

L’Arbre de Vie.

Pour la première fois depuis longtemps, depuis 10 000 ans peut-être, une alternative authentique à la civilisation apparaît. Un autre mode de vie, un autre sens à la vie.
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Cette alternative a grandi et mûri dans le cœur de tous ceux et celles qui se sont relayés au fil des générations, pour que ces idées se perpétuent et puissent enfin voir le jour.
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Une graine minuscule a germé, ses racines se sont développées, une jeune pousse est sortie de terre : un nouvel Arbre de Vie, qui s’est élancé vers le ciel et a étendu ses branches, offrant ses fruits et son ombre aux animaux et aux êtres humains.
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Cet Arbre de Vie est celui de la « sylvilisation ». Une société « sylvestre », « fo-restière », aux racines ancestrales. Une façon de vivre naturelle, en harmonie avec la vie.
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Il y a bien longtemps, l’être humain est né dans la forêt. Puis il l’a quittée et s’est « ci-vilisé ». .Il s’est éloigné de la nature et s’est mis à construire des cités gigantesques, d'où la vie était absente. L'être humain errait sans fin entre ces murs, en proie à la solitude, et il a commencé à mourir.
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L’être humain ne peut vivre sans la forêt, sans les rivières, sans les montagnes, les océans, les déserts.
Il ne peut vivre hors de la nature. C’est avec elle, dans le respect de la vie et de tous les êtres à qui elle donne naissance, qu’il bâtira un palais verdoyant.
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Un palais de ramures et d’azur.

L’affrontement.

Cependant, le passé ne cède jamais la place de lui-même à l’avenir... .Pour l’être humain, l’amour. et .la .liberté .sont .toujours à. conquérir. .C’est ce qui fait de .lui .un .éternel « guerrier ».

Léa et les incivilisés des zones libres ont choisi de défendre cet Arbre de Vie, contre ceux qui veulent l’abattre et le réduire en un tas de bois pour nourrir le feu insatiable qui brûle dans la machine.
Cet affrontement a lieu depuis l'aube de l'humanité, à chaque génération. Chacun y participe et doit tôt ou tard choisir son camp, faire son choix de vie.
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Face à la résistance des zones libres, l'offensive de l'armée piétine, les soldats sont obligés de se retirer.
Mais les choses n'en restent pas là. Les gouvernements décrètent la loi martiale dans les villes : tous les citadins aptes au service doivent rejoindre les casernes, l'ensemble de la population est mise à contribution dans l'effort de guerre, la désertion est punie de mort.
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Les chefs d'état se réunissent en conférence et lancent un ultimatum aux incivilisés. Si ceux-ci refusent de se soumettre à leur autorité, à la loi et à l'ordre, les zones libres seront anéanties et leurs habitants passés par les armes.
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Les incivilisés font la sourde oreille et se préparent à recevoir leurs invités comme ils le méritent.
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Dans les villes, les désertions se multiplient malgré la loi martiale. Le mouvement de soutien aux « sylvilisés » continue à s’étendre. Des citadins de plus en plus nombreux s’échappent nuit et jour des cités pour rejoindre le Peuple Sauvage.
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Des révoltes éclatent, le conflit s'étend sur tous les fronts et se transforme en guerre civile.
Les combats se déroulent dans le monde entier. Partout sur la planète, le Peuple Sauvage se lève face à l'agression de la civilisation.

L’issue de la guerre devient incertaine.
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Chapitre 8 et Epilogue

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Léa : 2040 – 2044

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Jusqu'au dernier brin d'herbe.
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Ici s’achève le journal des souvenirs de Léa.

Ce qui suit (et l'épilogue) a été rédigé par sa fille, âgée alors de 16 ans.

« Ma mère a été tuée dans un combat contre les soldats. Elle est morte en défendant la forêt où elle vivait pacifiquement. Son sang a rejoint la terre qu'elle aimait.

« Nous sommes en deuil, mais la guerre se poursuit. Des zones libres sont reprises par l’armée. Dans le même temps, des villes se soulèvent contre le gouvernement et rejoignent le camp des « sauvages ».

Il n'y aura pas d'armistice avec la civilisation. Elle poursuivra cette guerre tant qu’elle ne l’aura pas gagnée.
Il est dans les principes de la civilisation de vouloir régner sur la totalité de la planète, jusqu’au moindre brin d’herbe, quitte à détruire tout ce qui se dressera sur sa route, y compris ce dernier brin d’herbe...

La civilisation est une machine aveugle qui roule vers l'abîme : son but ultime, dont elle n'a pas conscience, est l’extinction de l’espèce humaine et de toute forme de vie.

Elle n’a pas encore gagné. Le dernier brin d'herbe est le plus résistant. Il détient en lui toute la force et l'énergie de la vie !
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- Epilogue -
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Suite du journal de la fille de Léa : 2044 - 20??
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Quelques années plus tard.
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Aujourd’hui, la forêt est enfin en paix. Les armes se sont tues.
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Au loin, des nuages de cendres montent des villes abandonnées. Telle une énorme machine éventrée, gisant sur le flanc au terme de sa course, la civilisation a cessé d'asservir les êtres humains et la planète.
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Une immense clameur de joie monte dans les coeurs. Partout dans le monde, d'un bout à l'autre de la planète, la paix se répand, les humains fraternisent.
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Autour de nous, la nature resplendit de mille couleurs. La terre accueille avec joie la naissance de la « sylvilisation » !
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Les feux des bivouacs s'allument pour la nuit. Tous ensemble nous allons dormir à la belle étoile.
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Le chant de la forêt.
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Au petit matin, je pars marcher seule à travers la forêt.
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Une écharpe de brume flotte entre les arbres, des gouttes de rosée scintillent dans l'herbe, les oiseaux gazouillent en faisant leur toilette matinale, une brise légère caresse les feuillages...
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Je m'arrête et je ferme les yeux pour mieux écouter. A travers les bruissements de la forêt qui s'éveille, je perçois une présence familière, qui vient jusqu'à moi...
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Je reconnais sa voix dans mon oreille : le chant paisible et tendre de celle qui m’a donné la vie et l'amour de la liberté... Le chant de Léa.
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Je sens sa main qui prend la mienne, tandis que nous marchons ensemble joyeusement dans les premiers rayons du jour nouveau.
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Contributions et Bibliographie

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Contributions (directes ou indirectes) : Goeland60, Urscumug, Kipawa, Misko, Bobzdar, Ramite, Wild, Nicollas, NeoBio, Thierry Sallantin.
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Remerciements à JayC.
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Spéciale dédicace à Hanna et BB.
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Références bibliographiques : voir sur http://anarchisme-vert-anarcho-primitivisme.blogspot.com/ (Archives / Lectures)
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Avertissement : ce récit « autobiographique » est à considérer comme une oeuvre de fiction.
Les idées et actions des personnages sont de leur seule responsabilité, qui n'engage pas celles des auteurs.

Toute reproduction est librement autorisée, en respectant le texte original.

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Illustration : Le douanier Rousseau, "Charmeuse de serpent".
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Présentation

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Nous avons choisi le terme d'éco-anarchiste pour désigner l'ensemble de ces différents courants de pensée : anarchisme vert, écologisme libertaire, anarcho-primitivisme, anticivilisationnistes, éco-activistes, néotribalisme...
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Les pages ci-dessous racontent l'histoire de Léa et du Peuple Sauvage.
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- Les 3 premiers chapitres sont extraits du « journal » de Léa.
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- Ils sont suivis d'un récit de son histoire, de façon plus résumée mais complète, jusqu’en 2040 et au-delà...

Une version sous format PDF est également disponible ici : http://www.sendspace.com/file/aa4d2i
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Bienvenue chez les éco-anarchistes !
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